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PROCES VERBAL DE CONSTAT |
L'AN MIL NEUF CENT QUATRE VINGT QUINZE ET LE HUIT DECEMBRE.
En vertu : d'une ordonnance rendue sur requête par Monsiel LAVIGNE, Président du Tribunal de Grande Instance de DIGNE LES BAINS. en date du 8 Décembre 1995, ladite ordonnance autorisant la SCP MATHIEU GUIGOU à assister au débat prévu le 8 Dècembre 1995 à 19 heures se déroulant salle de conférence du Campanile, Quartier Saint Christophe DIGNE, à l'effet de constater et prendre note de tous propos ou affirrmations inexactes, injurieux ou diffamatoires, proférés par tous les intervenants au débat concernant Gilbert BOURDIN et ce, dans le respect de la presomption d'ilnnocence, -requête et ordonnance dont copie est donnée en tête de présentes.
Je Georges-Eric GUIGOU, Membre de la Société Civil Professionnelle Christian MATHIEU et Georges-Eric GUIGOU, Huissiers de Justice associés à la résidence de DIGNE LES BAINS (Alpes de Haute provence), 3 Boulevard Thiers, soussigné.
Certifie m'être rendu ce jour à 19 heures à DIGNE LES BAlNS, Zone Saint Christophe, dans la salle de conférence de l'Hôtel Le Campanile
Je me suis assis sur l'une des chaises réservées au public à côté de Madame AMORY-MAZAUDIER, Présidente de l'Association du VAJRA TRlOMPHANT.
A 19 heures 10, se sont installés à la table mise en place pour accueillir les orateurs :
- Monsieur Bernard NICOLAS, journaliste à TFI et coauteur du livre "MANDAROM".
- Mademoiselle Florence RONCAGLIA, coauteur de ce livre.
- Madame Nathalie RONCAGLIA, soeur de la précédente.
- Madame Jeanine TAVERNIER, Présidente de l'UNADFI.
Je constate la présence dans le public des personnes ci-après que je connaissais :
- Monsieur Robert FERRATO
- Monsieur et Madame DOMENGE, demeurant à CASTELLANE, La Baume, opposants déclarés du MANDAROM
- Madame STREIFF. ancienne adepte du MANDAROM.
Madame AMORY-MAZAUDIER me fait égaIement remarquer la présence aux côtés de Monsieur FERRATO des deux avocats de Florence RONCAGLIA, Maître COHEN-SEAT et Maître VERNEY, qui interviendront d'ailleurs au cours du débat.
Afin d'éviter toutes contestations et de pouvoir relever tous les propos de la soirée, J'ai enregistré la totalité des débats à l'aide de deux magnétophones, le débat étant ouvert au public.
Quelques minutes après, Monsieur NICOLAS a présenté les trois autres personnes se trouvant à la table et a lancé le débat.
Conformément aux termes de l'ordonnance, j'ai relevé les déclarations des différents intervenants pouvant présenter un caractére injurieux ou diffamatoire proférées à l'encontre de Monsieur Gilbert BOURDIN.
J'ai également relevé les épisodes les plus intéressants du débat. -le tout ainsi qu'il est rapporté ci-après:
Monsieur Bernard NICOLAS présente les différentes personnes assisses à la table et notamment Nathalle RONCAGLIA, la soeur de Florence en ces termes :
"Nathalie RONCAGLIA, que vous ne connaissez pas, a eu un rôle déterminant dans la démarche qu'a pu faire aujourd'hui Florence. Elle a été tout au long de cas années aux côtés de sa soeur et aujourd'hui, si Florence a le courage et la détermination de parler, c'est grace à Nathalie."
Puis il précise "J'ai été un peu à l'initiative de cette conférence, ici, à DIGNE, parce qu'un certain nombre de balivernes et de mensonges sont émis par les adeptes du MANDAROM et notamment Madame Christine AMORY-MAZAUDIER ici présente".
Monsieur NICOLAS désire ensuite faire un certain nombre de rectificatifs an précisant, à propos de ce livre: "Le MANDAROM a tenté de le faire saisir et nous avons été condamnés à rajouter en quatrième de couverture un communiqué judiciaire". Il précise toutefois que le livre n'a pas été saisi.
Madame STREIFF, ancienne disciple intervient à cet instant pour indiquer qu'elle n'a pas trouvé le livre à CASTELLANE et que la dame de la maison de la Presse lui a dit qu'il fallait prendre une centaine de livres.
Monsieur NICOLAS déclare qu'ont été déposées trois plaintes avec constitution de partie civile,en ce qui concerne les viols et les pratiques sexuelles de Monsieur Gilbert BOURDlN, une dizaine de témoignages convergeants, il ajoute que les témoignages vont certainement continuer.
Nathalle RONCAGLIA précise que Gilbert BOURDIN n'est pas en prison, "mais on a quand même demandé une caution de un million francs, ça veut dire que c'est très sèrieux: car généralement dans ce genre d'affaires on demande seulement cent mille francs".
Monsieur NICOLAS ajoute que ce cautionnement, en principe, est prévu pour l'indemnisation éventuelle des victimes avant de déclarer que Madame AMORY-MAZAUDIER "passe son temps à écrire, diffamer, calomnier".
Madame Jeanine TAVERNIER, Présidente de l'UNADFI, prend ensuite la parole introduisant son propos par un exposé sur les sectes en général et leur mécanisme destiné à la destruction de la personne. Elle rend hommage aux média grace à qui on commence à parler de ce phénomène "on peut remercier les média, et notre association remercie particulièrement Florence, parce que sa démarche est particullèrement courageuse. Merci Florence et merci à Nathalie".
Monsieur NICOLAS dans son propos sur les sectes parle outre du MANDAROM, du "GROUPEMENT" et du "TEMPLE SOLAIRE".
Il afoute à propos du MANDAROM. "Il s'est avéré, plus personne ne le conteste, ni le maire de CASTELLANE que j'ai rencontré récemment, les documents, la plupart des permis de construire du MANDAROM ont éte régularisés après la construction, ça me semble clair".
Nathalie RONCAGLIA déclare que depuis dix sept ans et demi elle est partie avec un torchon et sa valise et que si elle n'a pas fait d'étude c'est à cause du MANDAROM.
Cet exposé terminé, il est procédé à une série de questions réponses.
Florence RONCAGLIA précise à cette occasion qu'elle est entré au MANDAROM quand elle était enfant, à l'âge de neuf ans. Elle aioute qu'à sa majorité, son corps a réagi et qu'à ce moment elle est tombée malade. Elle a alors fait appel à son pére "Papa viens vite me chercher, je va mourir".
Monsieur NICOLAS prend le relais en déclarant que plus tard, à cause de l'endoctrinement Florence y est retournée.
Puis il précise "Gilbert BOURDIN, moi je peux le dire, Gilbert BOURDIN l'a à nouveau violée".
Madame TAVERNlER de l'UNADFI expose ensuite : "notre rôle est d'informer sur ce genre de secte parce que, malheureusement si on ne réagit pas, et qu'on continue justement à endoctriner des gens, on continue à recruter, il y a de nouveau des enfants..."
Une jeune femme dont la photographie figurera sur le journal Le Provençal du 10 Décembre 1995 (derrière Monsieur FERRATO) prend alors la parole "On est responsable de ce qui se passe à CASTELLANE".
"Dans la population de DIGNE, il y a plein de gens qui sont endoctrinés, qu'on cotoie tous les jours et on ne sait même pas qu'ils sont train de tomber là dedans. Il y en a d'autres que je commence à connaître je me dis qu'il faudra peut être un jour faire quelque chose contre ces gens là..., au lieu de les laisser se pavaner sur les boulevards d'un air ironique et se moque complétement des gens qui sont en train de se faire violer ou des enfants qui sont enfermés dans cette secte."
Elle précise enfin qu'au sein du collectif des citoyens, tous gens qui ont participé à la marche sur le MANDAROM avaient envie que ce secte arrête.
Monsieur FERRATO prend alors le relais en déclarant
"Je peux vous assurer que d'ici un an si la justice va jusqu'au bout dans cette affaire là, et je crois aujourd'hui que la justice a la volonté d'y aller, BOURDIN passera en Cour d'Assises".
"On fera raser la statue du Messie Cosmoplanétaire et on fera remettre en état les lieux".
"... Mais je peux peux vous assurer que BOURDIN passera en Cours d'Assises. à moins qu'il(s) ne le coupe(nt) en morceaux d'ici là".
Une dame intervient pour dénoncer des pressions au niveau des juges.
Monsieur FERRATO répond "Les pressions c'est la population : il faut que le département se réveille sur cette affaire là et croyez moi derrière le MANDAROM il y a autre chose".
Aprés une discussion sur le financement, Monsieur NICOLAS déclare "L'argent, vous savez, ça sert parfois à acheter son impunité".
Il ajoute que les Pouvoirs Publics et la Gendarmerie, quand Nathalie est allée se plaindre il y a environ douze ans, devront s'expliquer sur leur inertie "et je peux vous assurer, et j'en prends l'engagement ici que les journalistes vont l'expliquer cette inertie".
Puis une nouvelle personne de sexe féminin, se trouvant au fond de la salle, prend la parole :
"J'ai lu le livre de Nathalie"
Elle est reprise immédiatement par les intervenants qui lui indiquent qu'il s'agit de Florence. Un dialogue s'instaure alors :
- La dame : "Je voudrais savoir si vous me connaissez ?"
- Florence : "Bien sur"
- La dame : "Je m'appelle comment ?"
- Florence : "YOGASTA"
- La dame : "Je suis citée dans ce livre, alors au lieu de parler par personnes interposées...".
- Monsieur NIGOLAS l'interrompant "par votre nom initiatique"
- Florence : "Non ! Vous n'êtes pas citée ! A quel endroit ? Lisez moi le passage s'il vous plait !"
- La dame : "Je m'appelle YOGASTA et je m'appelle Mme H*****".
- Monsieur NICOLAS "Oui mais il n'y a pas votre nom !"
- Madame H "Je vais vous dire en gros, moi, ma version qui est sincère. Je ne pense pas qu'elle soit dans ce livre. J'ai été résidente en permanence pendant de très nombreuses années alors que Florence ne l'était pas. J'ai vécu là bas beaucoup de choses mais pas ça."
On lui demande alors la page la concernant : elle répond page 152. Puis elle continue : "Je n'ai pas été violée".
"Je n'ai pas vu de scènes de viols pourtant j'étais secrétaire pendant de nombreuses années, Florence, et vous dites que vous êtiez à la maison alors que vous n'y étiez pas".
"J'en suis sortie sans probléme".
"On parle de pots de vin, je n'en ai pas vu."
Après une intervention de Monsieur FERRATO concernant la tante de Madame H. travaillant à la Prefecture, cette dernière répond "Monsieur FERRATO est en train de faire un sous entendu en disant que je me serais servie de ma tante...".
Monsieur FERRATO riposte : "Je n'ai pas dit ça !".
Une personne dans la salle déclare qu'elle travaille avec Madame H. qu'elle ne savait pas qu'elle était membre du MANDAROM et qu'elle n'a jamais cherché à l'endoctriner."Monsieur FERRATO cite certains politiques qui ont, selon lui, ont aidé le MANDAROM, au nombre desquels Monsieur BONIFACE, ancien Maire de CASTELLANE qui en 1983 a régulansé le permis, le Préfet LEURQUIN qui selon ses termes a "beaucoup oeuvré", et enfin en 1990 un agent de la D.D.E.
Il demande en outre la destruction de la statue.
Monsieur NICOLAS répond "Il serait bien que la montagne garde les stigmates du MANDAROM pour qu'on se souvienne qu'ici se trouvait une entreprise de destruction des âmes, des corps, Souvenez vous".
Monsieur FERRATO persiste : "La statue sera cassée".
Nathalie RONCAGLIA dénonçant l'affaiblissement physique dû notamment au régime végétarien indique qu'elle allait travailler le mercredi "pour payer son jambon".
Plusieurs interventions et échanges ont lieu entre le public et les intervenant au cours desquels j'ai retenu uniquernent:
- A la suite de l'intervention d'une personne dans la sallee s'étonnant de ce que le Mandarom se serve de la pratique du Yoga pour attirer des personnes, la réponse de Bemard NICOLAS:
"Nous avons d'ailleurs reçu plusieurs témoignages de gens qui ont rencontré dans le passé Gilbert BOURDIN. Il n'est pas plus Yogi que moi, c'est évident."
- A la suite d'un échange de propos sur le financement de partis :
- La réponse de Bernard NICOLAS: "l'enquête continue, mais il y a à l'évidence financement de partis."
- Une personne dans la salle:
"De tous les partis?"
-Bernard NICOLAS:
"Pour l'instant, je ne dis rien. Il y a financement de partis, c'est sûr. Il n'est pas possible que Monsieur BOURDIN n'ait pas acheté des partis. Tout s' achète et l'impunité aussi."
A 21 heures 45, le débat étant terminé, je me suis retiré.
Les cassettes de l'enregistrement intégral de ce débat seront tenues in mon Etude à la disposition de qui de droit.
Et du tout, j'ai dressé le présent procès verbal de constat pour servir et valoir ce que de droit.